Seoul, Kyoto, Cannes : ce que l'Asie nous apprend sur le cinéma IA
[BY]
Axelle Baudlot
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News
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David Defendi, co-fondateur de Genario et membre du jury du World AI Film Festival, revient sur les éditions coréenne et japonaise du WAiFF 2026. Un regard de terrain sur une scène créative qui assume l'IA sans complexe — et ce que cela dit de l'avenir de cet Art.
Seoul, puis Kyoto. Deux étapes. Deux jurys. Des centaines de films.
Ce qui a été vu là-bas ne ressemble pas à ce qu'on voit en Europe.
Et c'est précisément ce qui a frappé David.
Un rapport à l'IA fondamentalement différent
En Asie, l'IA créative n'est pas un sujet de débat. C'est un matériau. Les artistes s'en emparent, l'explorent, l'assument — sans avoir à se justifier. Ce qui prime, c'est l'œuvre. Ce qui compte, c'est ce qu'on a à dire.
Ce n'est pas une question de technologie. C'est une question de posture.
Là-bas, on ne demande pas à un artiste de légitimer son outil. On lui demande ce qu'il a à raconter.
La sélection coréenne : liberté de ton et narrations hybrides
Cinq films ont été sélectionnés pour représenter la Corée sur The Road to Cannes :
Dog, Octopus & Me — Park Elhen
LOSING — Dayoung Lim
Magic Mirror.AI — Ji Sungmin
WE LOOKED AWAY — Wonkyoung Kim
Devoured — Lee Eun Young
Des narrations fragmentées, des esthétiques hybrides, une liberté de forme qui ne cherche pas à imiter le cinéma traditionnel — mais à en inventer un nouveau.
La sélection japonaise : épure et radicalité visuelle
Cinq œuvres venues du Japon rejoignent également la compétition :
Lost Toy Requiem — Kenji Ishihara
Re right — Suguru Niino
Samurai Egg — Manabu Nakatani
This is Me — Marika Hirata
SWETOS — The One AI Lab
Un langage visuel plus épuré, plus contemplatif — mais tout aussi radical dans sa façon d'habiter l'image et d'utiliser l'IA comme matière artistique à part entière.
Ce que ces sélections révèlent
Les talents viennent de tous horizons. Des cinéastes établis, des artistes visuels, des collectifs, des inconnus. L'IA créative ne reproduit pas les hiérarchies du cinéma traditionnel — elle les redistribue.
C'est peut-être la leçon la plus importante de ce tour asiatique : quand on laisse les artistes s'exprimer sans les soumettre au tribunal du débat technologique, ils créent. Simplement. Puissamment.
La suite : Cannes
Ces dix films rejoignent maintenant The Road to Cannes.
Ils seront présents les 21 et 22 avril au World AI Film Festival, aux côtés de talents venus du Brésil, de Chine, et de toute l'Europe.
Le rendez-vous est pris.
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